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L’accessibilité des vidéos sur les sites Internet

L'accessibilité des vidéos en ligne

Lors de nos conceptions interactives, la question de l'accessibilité nous amène de plus en plus fréquemment à nous attacher au traitement des vidéos. En tant que chef de projet, j'ai élaboré une recommandation qui s'inscrit dans un travail de refonte de plusieurs sites pour un client associatif. En voici ici une version légèrement remaniée.

En guise d'introduction, précisons que nous nous sommes conformés aux recommandations du Référentiel Général pour l'Accessibilité des Administrations - ou RGAA - (cf http://www.rgaa.net/-Multimedia-.html).
Elles doivent répondre aux critères suivants :

 

Critères du RGAA

Niveau A du RGAA

Ce niveau impose la présence de :

  • - Sous-titres
  • - Audiodescription ou «alternative» (transcript)
  • - Accessibilité au clavier
  • - Mise en pause, arrêt, masquage
  • - Contrôle du son

Niveau AA du RGAA

  • - Pas de piège au clavier
  • - Audiodescription

Globalement pour la réalisation des projets interactifs nous devons atteindre le niveau AA. Les 4 éléments suivants sont donc nécessaires et suffisants pour assurer l'accessibilité des vidéos :

  • - Les sous-titres
  • - L'alternative sous forme d'une transcription écrite du contenu de la vidéo.
  • - L'audiodescription de l'action présentée dans la vidéo.
  • - Les commandes de la vidéo au clavier : pose, arrêt, contrôle du volume du son.

 

Explicitons chacun des critères du RGAA

Les sous-titres

C'est la retranscription écrite, visible sur l'écran du player, des dialogues, des commentaires en voix-off et tout autre évènement sonore (bruits, applaudissements, rires, musique, etc.). Elle doit être synchronisée avec l'image, en veillant à une lisibilité optimale, c'est-à-dire un contraste suffisant (sous-titres blancs sur un cartouche noir légèrement transparent ; ou sous-titres blancs bordés de noir) et l'absence de tout brouillage du texte (veiller à la non superposition de sous-titres de dialogues et d'autres sous-titres : nom et fonction d'un personnage par exemple). Des procédés typographiques ou des codes couleur permettent de différencier les différents types de sons : dialogues, bruits, commentaires, etc.

La retranscription écrite est préférable sous la forme d'un fichier indépendant, synchronisé avec l'image. Ce fichier peut être généré par des logiciels en ligne dédiés, il est du type « .srt ».

Durant le visionnage de la vidéo, l'apparition des sous-titres peut se faire via l'activation d'un bouton (« CC ») présent sur le player. En l'absence de cette commande, ils doivent être toujours visibles.

La transcription écrite

Elle consiste en une description textuelle fidèle de tous les évènements visuels (personnages, actions des personnages, changement de scènes, etc.) et sonores (dialogues, commentaires, sons divers, présence de musique). La transcription se présente sous la forme d'un fichier indépendant, généralement présent sur une autre page du site et mise en relation avec la vidéo par un lien visible sous le player. On peut aussi faire figurer le texte directement sous ce même player.

L'audiodescription

C'est la description sonore de tout évènement visuel. Elle est synchronisée avec l'image pour « occuper » les silences laissés par le dialogue ou le commentaire.

L'audiodescription peut s'avérer inutile dans certains cas : si le commentaire donne toutes les informations nécessaires à la compréhension de la vidéo, y compris les présentations de personnages, quand ceux-ci ne se présentent pas eux-mêmes.

L'audiodescription peut s'avérer impossible dans certains cas : par exemple quand la bande-son ne laisse pas l'espace suffisant pour rajouter des explications entre des dialogues ou des commentaires, etc. L'accessibilité de la vidéo peut alors en pâtir.

L'audiodescription demande l'intervention de professionnels pour rédiger un texte pertinent et adapté aux durées des silences, puis pour caler très précisément l'enregistrement qui en est fait. Elle se présente sous la forme d'un fichier son (en mp3 par exemple), synchronisé avec l'image. On l'active par un bouton (« AD ») présent sur le player vidéo.

De plus, pour la bonne compréhension de l'audio-description, il faut veiller à respecter un écart suffisant de volume avec le son coprésent (son d'ambiance de l'action représentée ou plage musicale), ce qui demande là aussi l'intervention d'un professionnel pour assurer le mixage adéquat des sons.

Le choix du bon player vidéo

Ce choix s'effectue parmi une liste de players permettant l'accès des différentes commandes au clavier.

Ces commandes permettent de démarrer et d'arrêter la lecture de la vidéo, d'activer/désactiver le son, d'en régler le volume, éventuellement d'activer/désactiver les sous-titres et si nécessaire d'activer/désactiver l'audiodescription. En outre ces commandes doivent répondre à l'exigence d'une utilisation non piégeante, c'est-à-dire ne pas induire l'internaute en erreur sur son utilisation.

Il existe sur le marché différents players qui répondent à ces exigences. Ils présentent parfois une incompatibilité avec telle ou telle plate-forme d'hébergement de vidéos. Si une telle incompatibilité se présente, nous mettons la primauté sur le choix du player et recommandons donc de changer de plate-forme. Une alternative à un tel choix serait d'héberger les vidéos sur le site-même, cas que nous écartons souvent pour éviter une surcharge et les difficultés de navigation inhérentes.

 

Nos solutions

Voici les solutions, que nous avons préconisées pour les différents fichiers.

La transcription, ne présentant pas de difficulté majeure, peut être rédigée en interne chez le client. Voici des conseils pour la transcription : http://support.google.com/youtube/bin/answer.py?hl=fr&answer=166810

Les sous-titres peuvent également se faire en interne chez le client avec le soutien de logiciels en ligne.
En voici une liste :

Néanmoins l'audiodescription demandant l'intervention obligatoire d'un professionnel, ce dernier peut intervenir sur tout ou partie des tâches à accomplir.

 

Les professionnels sont là

Le recours à des professionnels de l'audiovisuel répond parfaitement à l'exigence d'une qualité technique. On peut également faire appel à des professionnels du web, qui proposent des solutions adaptées aux besoins spécifiques des sites. On trouve sur le marché différentes sociétés aptes à fournir ce travail. En voici notamment deux :

Qelios – Olivier Nourry qelios.fr@gmail.com
pour des renseignements sur les prestations : http://qelios.net/videopdf.htm
et pour les tarifs: http://qelios.net/videopdf-soustitrage-accessibilite.htm

Temesis – Elie Sloïm elie.sloim@gmail.com
http://www.temesis.com/accessibilite-7/expertise-accessibilite/sous-titrage.html
http://www.temesis.com/accessibilite-7/expertise-accessibilite/audio-description.html

 

Solutions pour le player

À ce jour nous avons identifié quatre players vidéo :

 

"Notre choix à nous"

Pour nos projets, nous utilisons fréquemment la ressource du CMS WordPress. Notre choix se porte donc régulièrement sur le premier player de la liste ci-dessus, à savoir le jw-player, pour sa parfaite compatibilité avec ce CMS.

Néanmoins ce player n'étant pas compatible avec les plates-formes Vimeo ou Dailymotion, nous conseillons nos interlocuteurs-clients d'héberger leurs vidéos sur Youtube.

 

Conclusion

En guise de conclusion, je voudrais ajouter une remarque malheureusement bien connue de tous ceux qui s'intéressent au sujet de l'accessibilité des vidéos en ligne : l'accessibilité reste une affaire de volonté. Car, chemin faisant, les écueils ne manquent pas d'apparaître : limites budgétaires, effort de pédagogie, contraintes d'implication et de temps, etc.

Du côté des professionnels du web, la communauté est active et disponible pour partager la veille technologique. Et contrairement aux idées reçues, la vidéo accessible n'est pas un surcoût qui plombera le projet digital : il existe des tarifs extrêmement compétitifs auprès de professionnels du web spécialisés dans ce domaine précis. C'est pourquoi je suis très reconnaissant de l'aide qui m'a été apportée et je tiens à remercier tous les contributeurs d'Accesstech (liste de discussion francophone technique sur l'accessibilité), notamment Jean-Philippe Simonnet, Benjamin Lanet, Olivier Nourry, Claire Bizingre, Dorothée Dion et Johan Ramon, pour la générosité de leurs contributions et la pertinence de leurs remarques.

NB : mise à jour du 13/02/2013

Déconvenue dans la production

Lors de nos productions, nous avons pu apprécier les différences de comportement des players vidéo en fonction des navigateurs. Nous avions opté pour le JW player, qui est un module flash : les principaux problèmes rencontrés au clavier sont la non prise de focus et le bouclage des commandes. Dans les deux cas, une expérience utilisateur désastreuse, tributaire du choix du navigateur et de sa version.

À la recherche d'un compromis... satisfaisant

Grâce à des échanges très fructueux avec Olivier Nourry de la société Qélios, nous avons contourné le problème en doublant les boutons de commande d'un player « embed » (en l'occurrence le player de Youtube). Solution qui donne des résultats très contrastés : satisfaisante pour l'utilisation d'Internet Explorer (8 et 9) et Chrome (version 24.0.1312.57 m) ; inopérante pour la dernière version de Firefox (version 18.0.2). Pour Safari, un comportement au clavier assez fantaisiste, où seul notre module vidéo et notre moteur de recherche sont accessibles, à l'exception de tout autre élément de la page !

Ayons foi en l'avenir !

Il nous reste alors la solution d'informer les internautes, par une mention particulière sur la page « accessibilité » des sites, de ces différences de comportement, en espérant qu'ils puissent adapter leur navigation aux possibilités que nous mettons à leur disposition... en gardant foi dans les avancées des futures versions de navigateurs ! La vigilance est de mise.

2 commentaires sur cet article De “L’accessibilité des vidéos sur les sites Internet”

  1. Valéry 13 novembre 2016 à 15 h 29 min

    Bonjour,

    Merci pour cet article très intéressant.

    J’ai une question. Sur YouTube, parfois, la vidéo propose un autre contenu, comme un « lien »; on clique dans l’image est on va ailleurs. La question est : est-elle cette façon interactive de proposer des nouveaux contenu compatible avec RGAA ?

    Merci d’avance de votre éclairage.
    Valéry

    • Christophe 30 novembre 2016 à 18 h 21 min

      Pour l’attribut « title » renseigné dans la balise : OUI le lien « est RGAA ».

      Pour l’ouverture d’un nouvel onglet sans prévenir : NON il ne l’est pas.

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